Quand septembre arrive et que la lumière tourne, je n'ai qu'une seule envie : un grand bol qui fume. Pas la soupe en brique du supermarché, non. Les meilleurs ramen à Paris, ceux qui réchauffent le ventre et remettent le moral à l'endroit dès que le ciel devient gris. J'en ai goûté des dizaines au fil des hivers, et je me suis arrêtée sur quatre adresses. Celles où je retourne, bol après bol, dès que la température chute.
Kodawari Ramen, le bol spectacle de la rue de Richelieu
On m'avait prévenue : chez Kodawari, la file fait le tour du pâté de maisons. Et pourtant, une fois à l'intérieur, je comprends. L'endroit reconstitue le marché aux poissons de Tsukiji, à Tokyo : faux étals, néons, odeurs d'algues, le tout sur deux niveaux. C'est un peu théâtral, j'assume, mais le ramen suit derrière.
La spécialité, c'est le ramen aux sardines, mais moi je reste fidèle au tonkotsu. Le bouillon de porc mijote des heures, les nouilles sont fermes et le bol est généreux. Compte entre 14 et 16 euros, ce qui n'est pas donné, mais la déco et le bouillon justifient le détour au moins une fois. Bref, si tu veux impressionner quelqu'un qui a déjà tout vu, c'est là.
Ippudo, le tonkotsu que je ne rate jamais
Ippudo, rue Jean-Jacques Rousseau, c'est mon adresse de confiance. La maison est née à Fukuoka, dans le sud du Japon, et son tonkotsu, ce bouillon laiteux et un peu doux, est exactement ce qu'il me faut les soirs où je n'ai envie de rien décider. La carte est courte, le service est rapide et la qualité ne bouge pas d'une visite à l'autre.
Je prends le shiromaru, le bol classique, et je demande des nouilles fermes. Compte autour de 15 euros, avec des gyoza croustillants en plus si la faim est sérieuse. Alors oui, c'est une chaîne, mais c'est la preuve qu'une chaîne peut très bien faire les choses quand elle s'en donne la peine.
Hakata Choten, le tonkotsu riche qui tache les cuillères
Hakata Choten, rue des Petits Champs, c'est le bol des jours où j'ai vraiment faim. Le bouillon est riche, presque gras, chargé en saveurs, et il faut aimer ça. Moi j'adore. Les nouilles sont fines, le chashu fond sous la dent et le tout arrive brûlant, dans une salle qui ne fait pas de manières.
Un ramen qui laisse une trace sur la cuillère et un léger voile sur les lèvres, c'est un ramen qui ne triche pas. Hakata Choten ne triche pas.
C'est le plus cher de ma liste, autour de 18 euros le bol, mais la portion est sérieuse et on n'a pas faim en sortant. Et les gyoza maison méritent leur réputation. Vas-y en semaine, le week-end la queue se forme vite.
Neko Ramen, le bol végétal qui ne fait pas de compromis
Je ne suis pas végétarienne, mais j'emmène souvent des amis qui le sont, et trouver un vrai ramen sans viande, c'était la croix et la bannière. Neko Ramen, rue de la Grange Batelière, a réglé le problème. Leur bouillon végétal mijote des heures avec une dizaine de légumes de saison, et franchement, il n'a rien à envier aux versions au porc.
Le shoyu aux légumes est mon préféré, avec ses chips de lotus et ses herbes fraîches. Compte entre 11,50 et 14 euros le bol. Alors oui, l'ambiance est plus cosy que spectaculaire, mais c'est exactement ce que je cherche un soir de semaine.
Mon ordre, du plus raisonnable au plus fou
- Neko Ramen (9e) pour un bol végétal sans compromis.
- Ippudo (1er) pour le tonkotsu fiable du quotidien.
- Hakata Choten (1er) pour le bouillon riche des gros creux.
- Kodawari (1er) pour le spectacle complet, déco comprise.
Quatre bols, quatre ambiances, et à chaque fois une bonne raison de ressortir quand le froid revient. Et si tu hésites encore, commence par Ippudo, c'est la valeur la plus sûre.
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Coco
