Il est 23 h passées, ton resto de quartier a baissé le rideau et le frigo ne propose qu'un yaourt périmé. Manger tard le soir à Paris, ça peut vite tourner au casse-tête, je te le confirme après des années à rentrer du boulot à pas d'heure. Alors je me suis fait une petite liste de secours. Des adresses qui servent encore quand tout le monde dort, du classique ouvert depuis 1947 à l'izakaya sans réservation. Les miennes, celles que je connais par cœur.
Le classique qui ne dort jamais
Mon point de départ, c'est Au Pied de Cochon, rue Coquillière, à deux pas de Châtelet. Ouvert de 8 h à 5 h du matin, il ne ferme que trois heures par nuit. La salle est toujours vivante, les banquettes rouges, les serveurs en tablier, et une soupe à l'oignon gratinée qu'on te sert à n'importe quelle heure. Bref, c'est mon refuge quand je rentre d'un concert et que la seule envie qui me reste, c'est un bol chaud dans un décor qui n'a pas bougé depuis que je le connais.
La choucroute de 3 h du matin, sur les Champs
Oui, les Champs-Élysées, je sais, on n'y met jamais les pieds, sauf qu'à 2 h du matin c'est une autre planète. L'Alsace, au 39 de l'avenue, sert en continu de 7 h à 2 h, et jusqu'à 4 h les vendredi et samedi. La choucroute y est à 24,50 €, le plateau de fruits de mer commence autour de 29,50 € et le menu du jour tient à 26,90 €. Et le décor signé Laura Gonzalez vaut le coup d'œil, entre banquettes et dorures. C'est mon plan quand je sors d'un ciné tardif et que j'ai une faim de louve.
Le plan moderne, côté Grands Boulevards
Pour sortir des brasseries, direction Babille, boulevard de Bonne-Nouvelle. C'est plus récent, plus nerveux, et ça pousse jusqu'à 5 h du matin du jeudi au samedi. Des assiettes à partager, des vins nature, une carte qui change avec les saisons. C'est là que j'emmène les copains qui trouvent le Pied de Cochon trop sage. Alors oui, le week-end, prépare-toi à parler fort pour te faire entendre.
À 5 h du matin, Paris n'a plus besoin de chichis. Elle a juste besoin d'une assiette chaude et d'une table où on te garde ta place.
Mon réflexe quartier, côté Mouffetard
Et puis il y a Otto, rue Mouffetard, mon plan sans chichis quand je n'ai pas réservé. Un néo-bistrot façon izakaya japonaise, tenu par Éric Trochon, ouvert jusqu'à minuit, service continu le week-end. Pas de réservation : on se pose, on picore des assiettes cuites au feu, on commande un verre et on reste. C'est l'adresse des soirs où je n'ai rien prévu et où je veux juste manger bien, sans téléphoner trois jours à l'avance.
Mes règles pour ne pas tourner en rond
D'abord, évite le créneau de la sortie des salles, vers 22 h 30, c'est la queue partout. Décale à minuit passé et tu entres directement. Ensuite, garde toujours un classique sous le coude : le service continu ne veut pas dire cuisine ouverte à toute heure, vérifie avant de traverser Paris pour rien. Et surtout, ne juge pas une brasserie sur sa terrasse à 14 h. Les lieux changent de visage la nuit, c'est exactement pour ça que j'y retourne.
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Coco
