La rue Mouffetard, c'est la rue que je sors aux copains qui jurent connaître Paris, juste pour voir leur tête. Un canyon de pavés qui descend, des étals de fromages qui débordent et une église plantée tout en bas. On est dans le 5e, à dix minutes du Panthéon, et pourtant on se croirait dans un village qui n'a jamais vu un bus de touristes. Alors voilà, c'est mon coin quand j'ai envie de flâner sans but.
La Contrescarpe, là où tout commence
Je démarre toujours en haut, place de la Contrescarpe. Une petite place ronde avec sa fontaine au milieu, des cafés tout autour et une terrasse ou deux où les étudiants du quartier posent leurs bouquins. Hemingway habitait à deux rues d'ici, rue du Cardinal-Lemoine, et il raconte cette place dans Paris est une fête. Ça me plaît de penser qu'il s'y est assis avant moi. Bref, je prends un café, je regarde les pigeons faire leur numéro, et je me mets en route.
Le bas de la rue, le marché qui ne dort pas
Puis je descends. Et là, c'est le choc, surtout un matin de marché. La rue Mouffetard devient une rivière d'étals : des fromagers qui te tendent un bout de comté, des bouchers qui crient le prix des côtes, des primeurs avec leurs cagettes débordantes. C'est l'une des plus vieilles rues de Paris, une ancienne voie romaine qui filait vers Orléans, et ça se sent sous les semelles. Mes courses du dimanche, je les fais ici, à la voix.
Le bas de la rue Mouffetard, c'est le seul endroit de Paris où je fais mes courses en parlant, entre le fromager et le poissonnier.
Le Verre à Pied, mon déjeuner à l'ancienne
Quand la faim se pointe, je pousse la porte du Verre à Pied, au 118. Un bistrot de quartier comme on n'en fait presque plus : nappe en papier, ardoise du jour, cuisine de marché qui ne cherche pas à impressionner. Le menu tourne autour de vingt euros et on ressort avec le sentiment d'avoir mangé chez quelqu'un. C'est tout petit et il n'y a pas de réservation, alors soit t'arrives avant 12h30, soit tu patientes sur le trottoir avec un verre.
Les arènes de Lutèce, le secret que je garde
Après le café, je file vers l'ouest, rue Monge, jusqu'à un portail discret qui donne sur la rue de Navarre. Derrière, il y a les arènes de Lutèce, un amphithéâtre gallo-romain du Ier siècle posé au milieu des immeubles. C'est gratuit, c'est presque vide et les gamins du coin y jouent au foot entre les vieilles pierres. À Paris, c'est le genre d'endroit qu'on ne trouve que si on le cherche.
Mon parcours dans l'ordre
- Métro Place Monge ou Censier-Daubenton (ligne 7), direction la Contrescarpe.
- Café place de la Contrescarpe, la fontaine et le détour par le haut de la rue.
- Descente de la rue Mouffetard, étals et dégustations sur le pouce.
- Déjeuner au Verre à Pied, avant 12h30.
- Les arènes de Lutèce, rue Monge, pour digérer au calme.
Et si tu as encore de l'énergie, remonte vers le Panthéon ou file te perdre au Jardin des Plantes, à dix minutes à pied. La rue Mouffetard, c'est tout ça : un morceau de Paris qui n'a pas été lissé, où on mange bien et où on marche sur deux mille ans d'histoire sans même s'en rendre compte.
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Coco
