La Butte aux Cailles, c'est le genre d'endroit que je garde pour moi d'habitude. Un vrai village posé au milieu du 13e, avec ses pavés, ses maisons basses et son linge qui sèche aux fenêtres. On n'y passe jamais par hasard, il faut le vouloir. Et franchement, tant mieux.
Un village qui a survécu à Paris
Avant d'être avalée par la ville en 1860, la Butte aux Cailles était un hameau à part, perché sur une petite colline, avec ses carrières et ses champs. Elle doit d'ailleurs son nom à un ancien propriétaire des lieux, pas à un oiseau, comme je l'ai cru pendant des années. Le coin a gardé cet esprit de village : des rues étroites, des cours, des ateliers d'artistes. On est à dix minutes de la place d'Italie et pourtant on jurerait être ailleurs.
La Butte aux Cailles, c'est le dernier endroit de Paris où j'entends les oiseaux plus fort que les voitures.
La piscine qui vaut le détour à elle seule
Au 5 place Paul-Verlaine, il y a la piscine de la Butte aux Cailles, construite entre 1922 et 1924. Un bijou art déco classé monument historique, avec une charpente en béton et une lumière incroyable. Sa particularité : le bassin extérieur est alimenté par une vraie source d'eau chaude naturelle, un truc quasi unique à Paris. On peut y nager dehors même en plein hiver, dans la vapeur. Compte environ 4 euros l'entrée en tarif plein, et évite le mercredi après-midi si tu veux de la place.
Manger, on est bien tombé
Quand j'ai faim, je fonce chez Gladines, au 30 rue des Cinq-Diamants. C'est la première adresse de la maison, la plus ancienne, et la plus vivante. On y mange basque dans un brouhaha que j'adore : les salades sont énormes, servies dans des saladiers, et les pommes de terre sautées au piment sont ma raison d'exister certains soirs. Il faut arriver tôt ou accepter de faire la queue, le lieu est petit et tout le quartier le sait.
Juste en face de la piscine, il y a aussi le Temps des Cerises, un café associatif installé au 18 rue de la Butte aux Cailles depuis 1976. C'est une coopérative, et ça se sent dans l'ambiance : on y boit un verre, on y déjeune pour pas grand-chose, les habitués se connaissent. Bref, c'est le genre d'endroit qui me réconcilie avec Paris.
Se perdre, c'est le but
La vraie raison d'y aller, c'est la flânerie. Rue des Cinq-Diamants, rue de la Butte aux Cailles, les petits escaliers et les impasses : je marche sans but, je lève la tête vers les murs peints et je me laisse surprendre. Alors voilà mon itinéraire, dans l'ordre.
Mon parcours dans l'ordre
- Métro Corvisart (ligne 6), sortie face à la piscine.
- Un tour place Paul-Verlaine et devant la piscine art déco.
- Montée rue des Cinq-Diamants jusqu'à chez Gladines.
- Déjeuner ou verre au Temps des Cerises, rue de la Butte aux Cailles.
- Dérive libre dans les ruelles, murs peints en prime.
Et si tu veux prolonger l'après-midi, redescends vers la place d'Italie et file jusqu'au Jardin des Plantes, à vingt minutes à pied. La Butte aux Cailles, c'est aussi ça : un point de départ parfait pour explorer un 13e que personne ne montre.
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Coco
