Faire ses courses au marché, ce n'est pas un truc de bobo qui a du temps à perdre. C'est souvent moins cher qu'au supermarché, tellement meilleur, et honnêtement c'est le seul moment de la semaine où je discute avec des gens que je ne connais pas. Encore faut-il savoir où aller, à quelle heure, et comment ne pas se faire refourguer les tomates du fond. Voilà ma méthode, quartier par quartier.
Aligre, mon préféré
Si je ne devais en garder qu'un, ce serait le marché d'Aligre, dans le 12e. Il y a le marché couvert Beauvau pour les beaux produits (fromage, viande, poissonnier) et le marché de plein air sur la place, plus populaire et nettement moins cher. À côté, la petite brocante d'Aligre où je farfouille pour trois fois rien. C'est vivant, c'est bruyant, ça crie les prix, et les fins de matinée les prix dégringolent. Ouvert tous les jours sauf le lundi.
Belleville, le moins cher
Quand mon budget serre, je file au marché de Belleville, le long du boulevard, les mardis et vendredis matin. C'est probablement le marché le moins cher de Paris intra-muros. Les cageots de légumes à un ou deux euros, les herbes fraîches en grosses bottes, c'est imbattable. Il faut y aller sans liste précise et acheter ce qui est beau et abondant ce jour-là. J'y remplis mon panier pour une bouchée de pain.
Mouffetard et Bastille, pour changer
La rue Mouffetard, dans le 5e, c'est plus une rue commerçante qu'un marché à proprement parler, mais on y trouve d'excellents primeurs et fromagers presque tous les jours. C'est joli, un peu touristique, donc pas donné, mais parfait pour un dimanche matin flâneur. Et le grand marché Bastille, sur le boulevard Richard-Lenoir, les jeudis et dimanches, reste une valeur sûre : immense, complet, avec de super poissonniers et des producteurs qui viennent de loin.
À quelle heure arriver
Tout dépend de ce que tu veux. Si tu cherches le meilleur choix et les plus beaux produits, arrive tôt, vers 9h, avant que les habitués aient tout raflé. Si tu chasses le prix, c'est l'inverse : viens à la fin, une petite heure avant la fermeture. Les marchands ne veulent pas remballer, alors ils bradent, font des lots, ajoutent une barquette de fraises. C'est là que les bonnes affaires se font.
Repérer le bon étal
Un bon indice : la file d'attente. Les habitués savent, alors s'il y a la queue chez un marchand et personne chez le voisin, ce n'est pas un hasard. Je regarde aussi si les produits sont de saison et affichent une provenance claire. Méfie-toi des étals qui vendent des fraises en décembre ou qui n'affichent aucun prix. Et une fois que tu as trouvé ton primeur, deviens un habitué : on te garde les meilleurs produits et on t'ajoute toujours un petit quelque chose.
Au marché, la fidélité paie. Mon primeur d'Aligre me met de côté les tomates cœur de bœuf parce que ça fait trois ans que je passe le dimanche.
Le panier, toujours
Dernier réflexe, et pas des moindres : viens avec ton propre panier ou ton cabas. Les sacs plastique se font rares et de toute façon ils cèdent sous le poids des pommes de terre. Un bon panier en osier ou un cabas solide, c'est plus pratique, plus joli, et ça t'évite de galérer dans le métro avec des sacs qui craquent. Petit détail, mais ça change une matinée de courses.
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Coco
