La Coulée verte de Paris, c'est la balade que je sors aux copains qui me jurent que Paris, c'est du béton et du bruit. Tu pars de la Bastille, tu montes un escalier, et d'un coup tu marches entre les arbres, trois mètres au-dessus des voitures. Quatre kilomètres et demi de jardin suspendu jusqu'au bois de Vincennes, sans jamais croiser un feu rouge. Et le mieux, c'est que les touristes n'y sont pas. On y croise des gens du quartier, un chien ou deux, personne ne te bouscule.
Ça démarre derrière l'Opéra Bastille
Le départ, je le prends toujours rue de Lyon, derrière l'Opéra Bastille. C'est là que les escaliers grimpent vers la promenade. En bas, tu as l'avenue Daumesnil et ses 71 arcades de briques rouges, le Viaduc des Arts. Des ébénistes, des luthiers, des céramistes qui travaillent la vitre ouverte. Je m'arrête deux minutes, toujours, juste pour les regarder faire. Puis je monte, et là, c'est une autre ville qui commence.
Trois mètres au-dessus des voitures
Le truc qui fait tout, c'est la hauteur. On marche au niveau des frondaisons, on frôle les balcons, on surplombe l'avenue Daumesnil sans entendre autre chose que le vent et les oiseaux. C'est la première promenade plantée du monde, née sur une ancienne ligne de chemin de fer qui reliait la Bastille à la Varenne-Saint-Maur, désaffectée en 1969. On est en train de marcher sur des rails oubliés, sauf que tout a été gardé : les ponts, les passerelles, les tranchées.
Marcher dans les arbres pendant que les voitures roulent en dessous, c'est le genre d'illusion que seule Paris sait offrir.
La roseraie du jardin de Reuilly
Au bout du Viaduc, la promenade redescend au niveau de la rue, et on traverse le jardin de Reuilly. Pelouse, roseraie, bancs au soleil. C'est mon point de ravitaillement au milieu du parcours : je m'assois, je mange un truc ramené de chez moi, et je regarde le 12e vivre. Le quartier n'a rien de touristique, et c'est exactement pour ça que j'aime cette partie. On y croise des familles, des gens qui lisent, des vieux qui font leurs pas. La vraie ville, quoi.
La deuxième moitié, sauvage et presque secrète
Après Reuilly, on enchaîne l'allée Vivaldi, des tunnels, des tranchées, et la végétation se referme. Des liserons, des pavots sauvages, des coins où l'on se croirait sorti de Paris. Et puis la promenade glisse vers la porte Dorée et le bois de Vincennes. Là, j'ai gagné : quatre kilomètres et demi de vert, sans un seul croisement à attendre.
Mon itinéraire, en clair
- Départ : escaliers rue de Lyon, derrière l'Opéra Bastille (métro Bastille).
- Première partie : le Viaduc des Arts, au-dessus de l'avenue Daumesnil.
- Milieu : descente au jardin de Reuilly pour la pause.
- Deuxième partie : allée Vivaldi, tunnels et tranchées vers la porte Dorée.
- Arrivée : bois de Vincennes, pour finir sur l'herbe.
Voilà. Une balade gratuite, ouverte tous les jours dès 8h (9h le week-end), et qui me réconcilie avec la ville à chaque fois. Si tu veux continuer dans le même esprit, la Petite Ceinture, mon autre balade sur des rails oubliés, est juste à côté.
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Coco
