Le 11e arrondissement de Paris, c'est là que je suis née, que j'ai grandi, et que je vis encore aujourd'hui. Alors quand on me demande quel coin j'aime le plus, la réponse est pliée en deux secondes : le mien. Je te fais le tour, pas comme une guide, plutôt comme si tu passais par chez moi. Avec le pain, le marché, et le resto du soir.
Oberkampf, mais pas celui du jeudi soir
La rue Oberkampf, tout le monde la connaît pour ses bars qui débordent sur le trottoir. Bref, ce n'est pas ma partie préférée. Moi j'y vais le matin, quand les devantures se lèvent et que les cafés sortent leurs chaises. Là, c'est un vrai village. Le boulanger qui livre, la voisine qui promène son chien, le type du pressing qui balaie. On se dit bonjour, on se connaît un peu, et ça, ça ne s'improvise pas.
Le matin, la boulangerie d'abord
Ma journée commence rue Jean-Pierre Timbaud, chez Boulangerie Utopie. Leur tradition à moins de deux euros, c'est la meilleure baguette de Paris, et je pèse mes mots. Ils font aussi un pain au charbon végétal et des viennoiseries qui partent avant midi. Alors j'y passe tôt, avant que la file fasse le tour du pâté de maisons. Le samedi, j'attends sans râler, c'est dire.
Un musée au milieu des anciennes fonderies
À dix minutes à pied, rue Saint-Maur, l'Atelier des Lumières a pris la place d'une ancienne fonderie. Des expos d'art immersives projetées sur des murs de dix mètres, du sol au plafond, avec de la musique qui enveloppe. En ce moment, c'est Le Petit Prince qui occupe les murs, et c'est aussi beau qu'étrange de se tenir au milieu. Compte une bonne heure, et réserve en ligne, parce que le week-end c'est complet.
Le 11e, c'est un quartier qui travaille. Des ateliers, des artisans, des gens qui font. Et le soir, tout ça se change en terrasses.
Le marché, mon rituel du dimanche
Le jeudi et le dimanche matin, le boulevard Richard-Lenoir se couvre d'étals. C'est le marché Bastille, et le dimanche, c'est mon rendez-vous. Je remplis mon panier pour la semaine : fruits, légumes, fromages, olives, un poulet rôti qui parfume tout le boulevard. Le secret, c'est d'arriver avant midi. Passé ça, le choix s'éclaircit et tu te retrouves avec les fins de cageots.
Le soir, on dîne comme à la maison
Pour un dîner, Le Servan, toujours rue Saint-Maur. Deux sœurs, Katia et Tatiana Levha, une cuisine de bistro franche, des assiettes à partager et une carte des vins qui change sans arrêt. C'est mon adresse quand j'ai envie de bien manger sans me la raconter. Réserve, l'endroit est petit et les habitués tiennent à leurs tables.
Mon 11e en trois temps
- Le matin : la boulangerie rue Jean-Pierre Timbaud, et un café à Oberkampf.
- Le dimanche : le marché Bastille, panier plein et poulet rôti.
- Le soir : Le Servan, et un détour par l'Atelier des Lumières le week-end.
Et voilà. Le 11e arrondissement n'a pas la carte postale du Marais ni la vue de Montmartre, mais c'est là que je vis, et je ne le troquerais pour rien. Si tu veux continuer la balade, le canal Saint-Martin est à quinze minutes à pied, et Belleville juste au-dessus.
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Coco
