Quand les jours raccourcissent et que la lumière devient dorée, une envie me reprend chaque année sans prévenir : le chocolat chaud à Paris. Pas la poudre noyée dans du lait tiède qu'on te sert dans certains cafés, non. Le vrai. Celui qui tient à la cuillère, qu'on déguste presque comme un dessert. J'ai mes quatre adresses, testées saison après saison, et je te les donne sans faire de mystère.
Jacques Genin, le fondeur sérieux
Je commence par le plus pointu. Jacques Genin, rue de Turenne, c'est le chocolatier qui fournit les palaces et les grandes tables de la ville. Sa boutique ne paie pas de mine, un comptoir clair, aucune déco qui hurle. Son chocolat chaud se prépare minute, pur et intense, avec une pointe d'amertume que rien ne vient maquiller. Compte une dizaine d'euros, et crois-moi, ça vaut chaque centime quand il fait gris dehors.
La Charlotte de l'Isle, l'ancienne qui n'a pas bougé
Ensuite, le classique. La Charlotte de l'Isle, sur l'île Saint-Louis, sert un chocolat chaud dit « à l'ancienne » dans un petit pot en cuivre. Il est tellement épais qu'il ressemble à une mousse, et tu le bois au milieu des cartes postales et des bibelots d'une autre époque. La maison ouvre surtout la fin de semaine, alors programme ta visite. Et préviens ton estomac, il ne s'en remet pas tout de suite.
Un bon chocolat chaud à l'ancienne, c'est un dessert liquide. Si la cuillère ne tient pas dedans, ce n'est pas le bon.
Edwart, le chocolat qui voyage
Dans le haut Marais, Edwart Chocolatier travaille des fèves d'origine unique, de la Tanzanie au Pérou. Son chocolat chaud change donc de caractère selon les arrivages, parfois fruité, parfois plus boisé. C'est l'adresse pour les curieux, ceux qui veulent goûter la différence entre un criollo et un forastero sans se prendre la tête. Compte autour de 6 euros, et demande conseil, l'équipe adore en parler.
Jean-Paul Hévin, le chic sans façon
Et puis, quand j'ai envie d'un peu de tenue, je pousse jusqu'à Jean-Paul Hévin, rue Saint-Honoré, côté Vendôme. Le chocolat chaud y est dense, presque fondant, et se sirote au bar à chocolat à l'étage, loin du brouhaha de la rue. C'est l'adresse pour une pause en solo, avec un carré de grand cru à grignoter à côté. Autour de 8 euros, et tu repars avec l'impression d'avoir fait un truc un peu luxueux.
Comment je choisis
Bref, tout dépend de l'humeur. Plutôt pur et intense ? Jacques Genin. Envie du rite à l'ancienne ? La Charlotte de l'Isle. Curieuse de goûter la différence entre les terroirs ? Edwart. Une envie de pause un peu chic ? Jean-Paul Hévin. Alors oui, quatre adresses, quatre tempéraments, et pas une seule où je me suis déjà dit que je n'y retournerais pas.
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Coco
