Je ne sais pas toi mais moi, quand j'ai envie d'un verre de vin sans le tralala des bars à cocktails, je file dans un bar à vin nature. Le concept est simple : tu choisis une bouteille sur l'étagère, tu paies un droit de bouchon autour de 8 euros, et tu te poses avec une petite assiette. Pas de carte interminable, pas de serveur qui te snobe sur ton choix de cépage. Juste du bon vin, des gens normaux, et une odeur de saucisson qui flotte dans l'air. Le 11e et Bastille sont l'épicentre des bars à vin nature à Paris, et j'ai mes adresses, celles où je retourne toujours. Voilà, je te les donne.
La Buvette, mon petit bout de poésie
Si tu veux comprendre pourquoi je suis tombée amoureuse des bars à vin nature, commence par La Buvette, rue Saint-Maur. C'est minuscule, dans une ancienne crémerie, et c'est tenu par Camille Fourmont avec une précision qui frôle l'obsession. Ici, pas de bruit de fond assourdissant. On boit un blanc vif et on mange une assiette de gros cocos au cédrat avec de la bonne huile d'olive, du fromage, du pain. Tout est dans le détail : la lumière, la vaisselle chinée, le geste lent. Le droit de bouchon est de 8 euros et les assiettes tournent autour de 10 à 15 euros. Alors oui c'est petit, donc arrive à l'ouverture à 17h ou croise les doigts pour une place au comptoir. Moi j'y vais en solo, un mercredi de novembre quand il pleut dehors, et je reste deux heures sans voir le temps passer.
Un bon bar à vin nature, ce n'est pas une cave climatisée. C'est un comptoir, une étagère qui penche, et un tire-bouchon qui a vécu.
Septime La Cave, l'icône de la rue Basfroi
À deux pas de Bastille, Septime La Cave c'est l'annexe bar à vin du restaurant Septime, celui qui a une étoile et une liste d'attente de trois semaines. La Cave est tout l'inverse : pas de réservation, on reste debout, et si t'arrives après 18h30 tu finis sur le trottoir, le verre posé sur le capot d'une voiture. Et franchement c'est exactement ce que je veux un mardi soir. Le rituel ici c'est une assiette de ricotta crémeuse surmontée d'anchois et d'huile de noisette, avec un verre de vin orange du Jura. Verre et assiette autour de 15 euros. L'ambiance est électrique, internationale, bruyante. Si tu cherches le calme, ce n'est pas là. Si tu cherches l'énergie de l'Est parisien, fonce.
Aux Deux Amis, le chaos joyeux
Si La Buvette est une galerie d'art, Aux Deux Amis est un concert punk. Ce café de coin des années 50, rue Jean-Pierre Timbaud, se transforme en fête assourdissante une fois la nuit tombée. La musique des années 80 est à fond, la foule de chefs et d'habitués déborde sur le trottoir après 22h, et le service peut être... disons, caractériel. Mais je continue d'y aller pour la tortilla espagnole fondante, le pét-nat qui coule à flots, et cette énergie qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Le décor est resté intact, les néons sont fatigués, et c'est parfait comme ça. N'y va pas pour une conversation profonde, vas-y pour danser entre deux gorgées.
Bambino, quand le vin rencontre les vinyles
Plus récent que les autres, Bambino est un bar audiophile inspiré des listening bars de Tokyo, posé dans le haut du 11e. La priorité ici c'est la musique, diffusée sur un système sonore vintage depuis un mur de vinyles qui donne envie de tout réécouter. Le vin nature vient en second, mais il est très bien choisi, et les pains plats cuits au feu de bois qui sortent de la cuisine ouverte sont franchement addictifs. Les magnums circulent, le son monte au fil de la soirée, et quand les gens commencent à danser devant la platine, tu sais que ta sortie est réussie. Compte environ 25 à 35 euros pour une bouteille et une assiette à partager. C'est l'évolution du bar à vin : moins de contemplation, plus de vie collective, et franchement, j'adhère.
Voilà, tu as mes quatre adresses. Garde-les, utilise-les, et n'oublie pas que dans un bar à vin nature, le snobisme n'a pas sa place. Ce qui compte c'est la bouteille que tu partages, la personne en face, et l'odeur d'un soir d'été par la porte ouverte. Bref, la vie comme je l'aime.
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Coco
