Accueil › Mon Paris › Balade au Père-Lachaise

Mon ParisBalade · 6 min de lecture

Balade au Père-Lachaise : mon parcours du matin, avant la foule

Le cimetière que je traverse comme un parc. Mes portes d'entrée, les tombes où je m'arrête vraiment, et les coins où il n'y a personne, même un samedi.

Coco · 6 novembre 2026
Illustration carnet d'une allée du cimetière du Père-Lachaise un matin d'automne, avec des tombes anciennes, des arbres dorés et un chat sur le bord du chemin
Le Père-Lachaise à l'ouverture, quand les allées n'appartiennent à personne.

Balade au Père-Lachaise, j'en fais une presque toutes les semaines. Pas par goût du lugubre, non. C'est juste que c'est à quinze minutes à pied de chez moi, dans le 11e, et que le matin c'est l'endroit le plus calme de tout l'est parisien. Les touristes, eux, arrivent vers dix heures, le plan des tombes ouvert sur le téléphone. Moi j'y vais à l'ouverture, quand la brume traîne entre les allées et qu'on n'entend que les merles et les chats du gardien.

Entrer par la bonne porte, ça change tout

Le Père-Lachaise, c'est quarante-quatre hectares et cinq portes. Si tu entres par la mauvaise, tu passes ta matinée à remonter des pentes pour rien. Moi je prends la porte du Repos, au 16 rue du Repos, ou la porte principale sur le boulevard de Ménilmontant. Côté métro, tu as Philippe Auguste sur la ligne 2, Père-Lachaise sur les lignes 2 et 3, et Gambetta sur la 3. L'entrée est gratuite, sept jours sur sept, et en hiver le cimetière ferme à 17h30 (18h l'été).

Cimetière du Père-Lachaise
16 rue du Repos, 20e · Entrée gratuite · 8h à 17h30 en hiver, 18h l'été

Les tombes où je m'arrête vraiment

Je ne fais pas la chasse aux célébrités, mais il y en a quelques-unes vers lesquelles mes pas me portent toujours. Chopin d'abord : son cœur est à Varsovie, son corps est là, et il y a presque toujours un bouquet déposé le matin. Piaf ensuite, dans le caveau familial, couvert d'œillets rouges. Et Molière, pas loin de La Fontaine, à qui je dois la moitié de mes cours de français du lycée.

Le Père-Lachaise, le matin, ce n'est pas un cimetière. C'est un jardin en pente où les morts ont plus de verdure que la plupart des vivants de Paris.

Et puis il y a Jim Morrison, évidemment. Je passe devant sans m'arrêter, la tombe est gardée et souvent entourée de fans, mais je trouve touchant qu'on y laisse encore des briquets et des canettes. Oscar Wilde, lui, est protégé par une vitre depuis qu'on l'a couvert de baisers au rouge à lèvres. Chaque fois je me dis que l'amour laisse des traces, parfois au sens propre.

Le haut du cimetière, là où il n'y a personne

Alors une fois la porte franchie, mon réflexe c'est de monter. La plupart des gens restent autour des entrées, là où sont les tombes connues. Plus tu grimpes vers Gambetta, plus les allées se vident. C'est là que je vais lire sur un banc, là que je croise les habitués qui promènent leur chien, et là que se trouve le mur des Fédérés, où tombèrent les derniers communards en 1871. Un bout d'histoire qu'on ne regarde jamais deux fois, collé au fond du cimetière.

L'astuce de Coco : vise l'ouverture en semaine (8h), ou au moins avant 10h30 le week-end. Évite les dimanches après-midi de la Toussaint, c'est le seul moment où le calme disparaît.

Ma boucle, dans l'ordre

Bref, rien de macabre : une heure et demie à respirer dans l'endroit le plus silencieux de mon arrondissement. Et si tu veux prolonger la matinée, Belleville et sa vue gratuite sont juste au-dessus, je t'emmène.


À lire aussi : Belleville, le Paris que les touristes ratent · Ma balade le long du canal Saint-Martin · Toutes mes adresses dans le carnet

Coco

La lettre de Coco

Envie d'autres balades ?

Chaque mois, un nouvel itinéraire dans un quartier de Paris, directement dans ta boîte mail.