Quand j'en peux plus du béton et que je rêve d'iode, je ne réfléchis même pas : je file à Deauville. C'est l'escapade que je fais et refais depuis des années, parce qu'elle demande zéro préparation. Pas de voiture, pas de logistique compliquée, juste un billet de train et un sac assez léger. Le vendredi soir je boucle, le samedi matin je marche déjà sur le sable. Voilà comment je m'y prends.
Le train, c'est tout bête depuis Saint-Lazare
Tout part de la gare Saint-Lazare, la plus normande des gares parisiennes. Les trains pour Deauville-Trouville partent de là et mettent à peu près 2h, parfois un peu plus selon qu'il y a un changement à Lisieux. Le week-end il y a des directs le matin, c'est ceux-là que je vise. En réservant à l'avance sur la période creuse, j'ai déjà eu l'aller-retour autour de 40 euros. À la dernière minute un samedi de juillet, ça grimpe vite, donc je m'y prends une quinzaine de jours avant.
Petit détail qui change tout : la gare s'appelle Deauville-Trouville et elle est pile entre les deux villes, au bord du port. Tu descends, tu traverses le petit pont, et selon la direction tu es soit à Deauville soit à Trouville en dix minutes à pied. Pas besoin de taxi.
Trouville ou Deauville ? Les deux, mais pas pareil
On dit toujours Deauville, mais le duo se joue à deux. Deauville, c'est le côté carte postale : les planches, les cabines de plage avec les noms de stars, les villas chic et les boutiques. Trouville, de l'autre côté du pont, c'est plus vivant, plus authentique, un vrai port de pêche avec des maisons de guingois et des terrasses où on mange dehors. Moi je dors et je mange plutôt à Trouville, et je vais me promener côté Deauville. Le meilleur des deux.
Deauville, c'est pour la photo. Trouville, c'est pour la vie. Fais les deux et tu auras tout compris.
Les planches, évidemment
Les fameuses planches de Deauville, cette promenade en bois qui longe la plage, c'est le rituel obligatoire. J'y vais tôt le matin, quand il n'y a que les joggeurs et les gens qui promènent leur chien. Le sable est immense, on peut marcher vingt minutes vers l'ouest et se retrouver quasiment seule. En fin de journée c'est plus animé, la lumière devient dorée sur les cabines, et là aussi c'est magnifique. Prends un pull, même en été le vent de la Manche pique.
Les huîtres au marché de Trouville
Mon moment préféré du week-end : le marché aux poissons de Trouville, sur le quai Fernand-Moureaux, ouvert tous les jours. On achète des huîtres au comptoir, on les fait ouvrir, et on les mange sur place à une table en terrasse avec un verre de blanc et une tranche de pain-beurre. Une douzaine de spéciales avec un muscadet, face au port, un samedi midi : je ne connais pas de meilleure définition du bonheur. Compte une quinzaine d'euros la douzaine, un peu plus pour les grosses.
Où dormir sans se ruiner
Deauville a une réputation chère et c'est vrai côté palaces. Mais si tu traverses à Trouville, les prix redeviennent humains. Je vise les petits hôtels du centre, dans les rues derrière le port, où on trouve des chambres correctes autour de 90 à 120 euros la nuit hors juillet-août. Autre option que j'adore : les chambres d'hôtes dans les maisons anciennes sur les hauteurs de Trouville, avec vue sur les toits et la mer au loin. Réserve tôt pour l'été, la côte se remplit.
La meilleure saison
Juillet et août, c'est plein, cher et un peu trop de monde à mon goût. Mon créneau à moi, c'est juin et septembre : l'eau est encore fraîche mais l'air est doux, les terrasses sont ouvertes et on respire. Même hors saison, un week-end d'octobre avec un ciel bas et une mer grise a un charme fou, on marche emmitouflée et on finit au chaud avec un plateau de fruits de mer. La côte normande n'a jamais vraiment de mauvaise saison, juste des ambiances différentes.
En résumé, mon week-end type
- Samedi matin : train de Saint-Lazare, arrivée vers midi, huîtres au marché de Trouville.
- Samedi après-midi : les planches de Deauville et longue marche sur le sable.
- Samedi soir : dîner de poisson côté port à Trouville.
- Dimanche matin : plage tranquille, dernier café face à la mer.
- Dimanche après-midi : train du retour, sable encore dans les chaussures.
Voilà, rien de sorcier. Deauville-Trouville, c'est l'escapade qui recharge les batteries en un week-end sans que tu aies l'impression d'avoir organisé une expédition. Si tu veux une journée encore plus courte et plus verte, je t'emmène aussi à Giverny, juste à côté sur la même ligne.
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Coco
