Giverny, c'est l'escapade que je conseille à tous ceux qui débarquent chez moi et qui n'ont qu'une journée à donner à la campagne. Le village où Monet a vécu et peint ses nymphéas, c'est à peine à une heure de train de Paris, et pourtant on a l'impression d'avoir changé de siècle. Le seul vrai piège, c'est la foule. Alors voilà mon plan pour en profiter vraiment.
Le trajet : train jusqu'à Vernon, puis au choix
On part encore de Saint-Lazare, décidément la gare des belles escapades. Direction Vernon-Giverny, environ 45 minutes en train direct. De la gare de Vernon, Giverny est à 7 km, et là tu as deux options. La plus simple : la navette qui attend devant la gare et te dépose aux jardins en un quart d'heure, calée sur les horaires des trains. La plus jolie : louer un vélo près de la gare et suivre la voie verte, une ancienne voie ferrée réaménagée qui longe la campagne jusqu'au village. Compte une petite demi-heure à vélo, tranquille et sans voiture.
Arriver tôt, c'est toute la clé
Je le dis sans détour : si tu arrives à midi, tu feras la queue et tu piétineras dans le jardin au milieu des groupes. La maison et les jardins ouvrent en général vers 9h30, et c'est exactement à l'ouverture qu'il faut être là. Le premier train du matin de Saint-Lazare te met sur place pile au bon moment. Tu as alors une bonne heure où les allées sont presque à toi, la lumière est douce et le silence encore possible. Vers 11h, les cars déversent leur monde, et là tu es déjà en train de savourer, pas de subir.
À Giverny, la vraie différence ne se joue pas sur le billet, elle se joue sur l'heure d'arrivée. Sois là à l'ouverture, tu vivras un autre jardin.
Le bassin aux nymphéas
Le clos normand, devant la maison rose aux volets verts, c'est une explosion de fleurs organisée dans un joyeux désordre, capucines qui débordent sur les allées, rosiers qui grimpent partout. Mais le morceau que tout le monde attend, c'est le jardin d'eau, de l'autre côté, avec le bassin, les saules pleureurs et le pont japonais couvert de glycine. C'est là que Monet a peint ses fameux nymphéas. Fais-en le tour lentement, cherche les reflets, et tu comprends d'un coup tous les tableaux vus au musée de l'Orangerie à Paris.
Où déjeuner
Le village de Giverny est minuscule mais mignon, avec sa rue principale bordée de galeries et de quelques bonnes tables. Je m'arrête volontiers dans un des jardins-restaurants pour une salade ou une tarte salée, à l'ombre, sans me presser. Si tu préfères piocher, il y a de quoi composer un pique-nique à emporter, et rien ne t'empêche de le manger au bord de la Seine côté Vernon avant de reprendre le train. Compte autour de 20 euros pour un déjeuner simple au village.
Ouverture et retour
Un point pratique qui compte : la maison et les jardins de Monet ne sont ouverts qu'entre avril et début novembre. Le reste de l'année, c'est fermé, donc cale ta journée dans cette fenêtre. Pour le retour, je vise un train de milieu ou de fin d'après-midi depuis Vernon. Ça laisse le temps de flâner dans le village après les jardins, et on est de retour à Paris pour l'apéro. Une journée bien remplie mais jamais courue, à condition d'avoir attaqué tôt.
En résumé, ma journée type
- 8h : premier train Saint-Lazare vers Vernon-Giverny.
- 9h15 : navette ou vélo par la voie verte jusqu'au village.
- 9h30 : entrée aux jardins à l'ouverture, cap sur le bassin.
- 12h30 : déjeuner tranquille au village.
- 14h : flânerie dans les galeries, puis retour vers Vernon.
- 16h : train du retour, Paris pour l'apéro.
Voilà, Giverny en une journée sans stress. Le secret tient en trois mots : arriver à l'ouverture. Si tu as envie d'aller un peu plus loin sur la même ligne, la côte normande n'est pas loin, je t'emmène passer un week-end à Deauville par ici.
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Coco
