Chartres en une journée, c'est la promesse qu'on se fait un dimanche et qu'on repousse parce qu'on croit que c'est loin. Sauf que non. Une heure de train depuis Montparnasse, et on y est, face à une cathédrale qui n'a rien à envier à ce que l'Italie peut offrir. Moi j'y vais pour trois choses : les vitraux, le bord de l'Eure, et, si je tiens jusqu'au soir, Chartres en Lumières. Voilà comment je m'y prends, dans l'ordre.
Une heure de train, et pas plus
Depuis Paris, c'est simple : un TER direction Chartres, au départ de Montparnasse. Compte une heure, parfois 58 minutes sur les directs, et un billet qui démarre autour de 10 euros si tu t'y prends un peu à l'avance. Il y a une vingtaine de trains par jour, donc pas de stress à planifier. De la gare, la cathédrale est à dix minutes à pied, en remontant doucement vers le centre. Tu la vois de loin, impossible de la rater.
La cathédrale, oui, mais lève les yeux
Notre-Dame de Chartres, c'est l'entrée libre et le patrimoine mondial en même temps. Elle ouvre tous les jours de 8h30 à 19h30, alors je te conseille d'y aller dès ton arrivée, avant que les groupes ne s'installent. Et surtout, lève les yeux : il y a plus de 2 500 mètres carrés de vitraux, dont ce fameux bleu de Chartres que personne n'a jamais réussi à copier. Le matin, quand le soleil tape à travers, toute la nef est bleue. C'est ça, le spectacle, bien plus que la foule devant l'autel.
À Chartres, on ne visite pas la cathédrale. On lève la tête, et on attend que la lumière fasse le reste.
Et si tu peux, descends à la crypte. C'est la plus grande de France, plus de 200 mètres, avec des chapelles posées là depuis le XIe siècle. Le labyrinthe, lui, ne se parcourt que le vendredi, de 10h30 à 17h, et seulement jusqu'au 1er novembre. Si tu tombes un vendredi, fonce : c'est le genre de détail qui fait toute la différence.
La basse-ville, là où coule l'Eure
Tout le monde reste sur la place et dans les boutiques, et c'est dommage. Descends vers l'Eure, la rivière qui passe sous la ville. Là-bas, c'est la basse-ville : des ponts de pierre, des lavoirs anciens, des maisons qui penchent un peu, et presque personne. Je remonte par la Porte Guillaume, une ancienne porte d'enceinte, et je fais la boucle le long de l'eau. C'est mon moment préféré de la journée, celui où Chartres redevient une petite ville de province, calme et un peu secrète.
La Maison Picassiette, avant qu'elle ne ferme
Et puis il y a mon coup de cœur, la Maison Picassiette. Raymond Isidore, un cantonnier devenu artiste, a passé des décennies à recouvrir sa maison et son jardin de morceaux de vaisselle, de faïence, de verre et de porcelaine. Le résultat est fou, une mosaïque partout, du sol au plafond. Elle est ouverte jusqu'au 31 octobre, ensuite elle hiberne pour l'hiver. Alors si tu y vas en automne, c'est maintenant ou jamais. Compte 10 euros l'entrée, et note que le lundi c'est fermé.
Manger au pied de la cathédrale
Pour le déjeuner, je reste simple : le Café Bleu, au pied de la cathédrale, juste en face. C'est un bistrot tenu par un jeune couple, la cuisine est maison, et surtout il y a la terrasse avec les flèches en toile de fond. Le menu tourne autour de 28 euros. Si tu veux dépenser moins, il y a la basse-ville et ses petites adresses le long de l'eau. Mais franchement, déjeuner face à la cathédrale, ça vaut son prix.
Reste pour Chartres en Lumières
Et là, ma vraie reco : garde de l'énergie pour la tombée de la nuit. Chartres en Lumières illumine une vingtaine de sites du centre chaque soir, gratuitement, de la tombée de la nuit jusqu'à 1 heure du matin. La façade de la cathédrale se transforme, raconte des histoires en couleur, et c'est gratuit. Ça court jusqu'au 3 janvier 2027, donc même en automne c'est jouable. Il faut juste prévoir un train retour un peu tardif, ou dormir sur place.
En résumé, ma journée type
- 8h40 : TER à Montparnasse, direction Chartres.
- 10h : cathédrale, vitraux au soleil puis crypte.
- 12h30 : déjeuner au Café Bleu, face aux flèches.
- 14h : basse-ville et bord de l'Eure.
- 15h30 : Maison Picassiette.
- 17h30 : pause en ville, puis Chartres en Lumières à la nuit tombée.
Voilà. Chartres en une journée, c'est faisable sans se lever aux aurores ni rentrer sur les rotules. Il suffit de prendre un TER, de lever les yeux dans la cathédrale, et de garder la lumière pour la fin. Et si l'envie te prend de continuer vers l'ouest, la Normandie n'est pas loin, je t'emmène à Giverny par ici.
À lire aussi : Giverny en une journée : mon itinéraire · Fontainebleau dans la journée · Mon carnet d'adresses
Coco
