On me demande souvent quelle expo aller voir en ce moment. Ma réponse déçoit parfois, parce que je n'y vais pas si souvent. J'ai arrêté de courir après la grosse expo dont tout le monde parle, celle où on avance de trois mètres en dix minutes. Je préfère en choisir une ou deux par saison, et bien les vivre. Voici comment je m'y prends.
Comment je choisis, vraiment
Ma règle est simple : je ne vais voir une expo que si le sujet me touche déjà un peu. Un peintre que j'aime, une époque qui m'intrigue, un lieu que je n'ai jamais vu. Je me méfie du buzz. Une expo peut faire salle comble et me laisser froide, et une petite accrochage confidentielle peut me retourner. Je lis deux ou trois avis, je regarde le nombre de salles, et surtout je vérifie si je peux y aller à un moment creux. Parce qu'une belle expo dans une cohue, ça n'a plus aucun intérêt.
Une expo, ça ne se mesure pas au nombre de gens qui font la queue dehors. Ça se mesure au temps qu'on arrive à passer seule devant un tableau.
Les valeurs sûres, celles qui valent la queue
Cela dit, certains lieux ne me déçoivent presque jamais, quelle que soit l'expo à l'affiche. La Fondation Louis Vuitton, au bois de Boulogne, monte des expositions d'art moderne et contemporain souvent spectaculaires, et rien que le bâtiment de Frank Gehry vaut le déplacement. C'est le genre d'endroit où j'accepte de faire la queue, parce que je sais que je vais en avoir pour mon argent.
Le musée d'Orsay reste mon amour de toujours pour les impressionnistes, et ses expositions temporaires sont presque toujours à la hauteur. Le Jeu de Paume, aux Tuileries, est ma référence absolue pour la photographie et l'image : petit, pointu, jamais racoleur. Et pour l'art moderne, j'ajoute une adresse que beaucoup oublient.
Le Petit Palais, c'est mon secret le moins bien gardé. Les collections permanentes sont gratuites en permanence, le jardin intérieur avec sa galerie et son café est un des plus beaux coins tranquilles de Paris, et les expositions temporaires sont souvent excellentes. Quand je n'ai ni envie de payer ni envie de foule, c'est là que je vais, et je ne suis jamais déçue.
Mes deux astuces pour payer moins, ou rien
Première astuce, les nocturnes. Beaucoup de musées ouvrent tard un ou deux soirs par semaine, et c'est de loin le meilleur moment. Le musée d'Orsay le jeudi jusqu'à 21h45, par exemple : l'ambiance change complètement, la lumière baisse, les groupes sont partis, et on se promène presque seule dans les salles. Je fais exprès de garder les grosses expos pour ces créneaux du soir.
Deuxième astuce, le sésame que tout le monde devrait connaître : le premier dimanche du mois. De nombreux musées nationaux ouvrent gratuitement leurs collections permanentes ce jour-là, musée d'Orsay et Centre Pompidou compris pendant une partie de l'année. Attention, c'est aussi le jour où tout le monde a la même idée, donc j'arrive à l'ouverture, pas à midi. J'en parle plus longuement dans mon article sur le dimanche à petit prix.
Ce que je fais après
Une expo, ce n'est jamais que la moitié de la sortie. J'aime prolonger avec un café juste à côté pour digérer ce que j'ai vu, en parler, ou juste rester silencieuse dix minutes. Une heure d'expo bien choisie et un café qui suit, pour moi c'est un après-midi parfait à Paris, et ça coûte rarement une fortune.
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Coco
