Les cinémas indépendants Paris, c'est un de mes sujets. Pas les multiplexes aseptisés avec pop-corn à 8 euros et bande-annonces qui durent vingt minutes. Non, les vraies salles : celles qui ont une gueule, une histoire, et une programmation que tu ne trouves pas sur Netflix. Voici mes 4 cinémas indépendants à Paris, du plus spectaculaire au plus intime, tous testés et revus.
Le Louxor, le palace égyptien de Barbès
Si tu n'es jamais entré dans le Louxor, tu rates le plus beau cinéma de Paris. Inauguré en 1921, fermé en 1983, transformé en boîte de nuit puis abandonné, il a rouvert en 2013 après dix ans de travaux. Le décor est néo-égyptien du sol au plafond : mosaïques bleues et or, colonnes papyrus, hiéroglyphes jusque dans les toilettes. On y vient autant pour la salle que pour le film, et personne ne s'en cache.
La programmation est art et essai, version originale sous-titrée, avec des classiques ressortis en copie restaurée. J'y ai vu Lawrence d'Arabie en 70 mm, toute seule, un mardi à 14h, et c'est un de mes meilleurs souvenirs de spectatrice. Les trois salles sont confortables, le bar est accueillant, et les tarifs sont doux pour les moins de 26 ans.
Le Louxor un mardi après-midi, salle quasi vide, un classique en 70 mm. Le luxe à 6 euros.
Le Brady, la salle culte du 10e
Le Brady, c'est tout l'inverse du Louxor. Pas de dorures, pas d'escalier monumental. Juste une façade discrète sur le boulevard de Strasbourg et une programmation qui ne ressemble à rien d'autre à Paris. Ouvert en 1956, racheté par Jean-Pierre Mocky en 1994, le Brady s'est taillé une réputation sur le cinéma de genre : horreur, fantastique, bis, mais aussi cinéma turc, indien, et le ciné-club "Le 7e genre" dédié aux représentations des sexualités minoritaires à l'écran.
Le Brady se définit comme une "salle de continuation" : les films y restent à l'affiche bien plus longtemps qu'ailleurs. Tu rates un film en salle ? Vérifie au Brady, il y est peut-être encore. Les trois salles sont petites, le son n'est pas THX, et c'est exactement pour ça qu'on l'aime. Un cinéma avec une âme, pas un produit calibré.
Le Majestic Bastille, mon local du 11e
Celui-là, c'est mon cinéma de quartier, et je le défends comme si c'était le mien. Ouvert en 1933 sous le nom de Bastille-Palace, il a gardé sa façade Art déco avec ses néons d'origine. Aujourd'hui dans le giron Dulac Cinémas, il programme de l'art et essai exigeant sans jamais être intimidant. L'écran panoramique est le plus grand de la place de la Bastille, et les fauteuils sont confortables.
Situé à deux pas de chez moi, c'est là que je vais le dimanche soir quand j'ai envie de finir le week-end en douceur. La dernière séance est souvent calme, le public est respectueux, et je rentre à pied en dix minutes le long du boulevard Richard-Lenoir. Un luxe de quartier que je ne troquerais pour rien.
L'Archipel, cinéma et scène live
L'Archipel, c'est le petit dernier de ma liste mais pas le moins intéressant. Installé depuis 1912 sur le boulevard de Strasbourg, à deux minutes du Brady, il a été entièrement refait en 2001. Ce qui le distingue, c'est sa salle bleue au rez-de-chaussée : une vraie scène où le cinéma dialogue avec la musique. Concerts, ciné-concerts, musiques de films jouées en live. Les deux autres salles alternent classiques et nouveautés art et essai.
J'y suis allée pour un ciné-concert sur Murnau l'hiver dernier, accompagné par un trio jazz. La salle était pleine, on était à trente centimètres des musiciens, et le noir et blanc muet prenait une ampleur dingue avec la musique live. C'est une expérience qui n'existe que dans ce genre d'endroit, et qui justifie à elle seule de sortir de chez soi un soir de semaine.
Comment je choisis où aller
Si je veux en prendre plein les yeux, Louxor. Si je veux un film que personne ne connaît, Brady. Si j'ai la flemme de prendre le métro, Majestic Bastille. Et si j'ai envie de vivre un truc qui n'existe pas ailleurs, Archipel. Quatre salles, quatre humeurs, zéro multiplexe.
Toutes font partie du réseau des Cinémas Indépendants Parisiens, une association créée en 1992 qui fédère 32 salles dans 13 arrondissements. La plupart proposent des tarifs réduits, des cartes d'abonnement et des événements. Regarde la programmation en ligne avant d'y aller, chaque salle a son site avec les horaires mis à jour.
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Coco
