Quand il fait 32 degrés et que le bitume du 11e commence à coller aux semelles, j'ai un réflexe : la glace. Pas celle du supermarché du coin, hein. Mes glaciers préférés à Paris sont tous à l'est, entre Bastille, le canal, le haut Marais et Belleville. Des petites échoppes où l'on turbine à l'ancienne, où les parfums changent avec les saisons et où le cornet est encore fait maison. Voilà mon carnet glacé de l'été, testé une boule après l'autre.
Folderol, glaces et vins nature dans le 11e
Folderol, rue Faidherbe, c'est à dix minutes à pied de chez moi. Je suis tombée dessus un soir de juin, attirée par la devanture bleu pâle et le nom qui claque. L'idée est géniale : des glaces artisanales l'après-midi, des vins nature le soir. Un 2-en-1 comme je les aime, et c'est rare de trouver les deux dans la même adresse sans que l'un prenne le pas sur l'autre.
La carte des glaces est courte, six parfums maximum, et elle tourne selon les arrivages. Le sorbet pêche de vigne de l'été dernier, je m'en souviens encore. La stracciatella est crémeuse juste comme il faut, avec des éclats de chocolat noir qui craquent sous la dent. Compte 5 euros le double cornet, fabriqué sur place. Le soir, je reviens pour un verre de pét-nat du Jura et une planche de fromages. Et le combo glace-vin en terrasse, c'est mon petit plaisir coupable de l'été.
Glaster, le petit génie glacé de Belleville
Cap au nord, direction le 19e. Glaster, rue de la Villette, c'est une échoppe jaune minuscule tenue par Marc Flaster et sa fille. Trente ans que ce monsieur turbine, et ça se sent dès la première bouchée. Ici, zéro colorant, zéro conservateur. La menthe verte a la pâleur honnête d'une feuille fraîche, pas le vert fluo des glaces industrielles. Le sorbet citron est vif, presque piquant, et la stracciatella choco-menthe tient toutes ses promesses.
Un glacier qui n'ouvre que le week-end et qui façonne ses cornets à la main, c'est soit un illuminé, soit un artisan obsédé par le détail. Glaster est clairement la deuxième option.
Le vrai show, c'est le cornet : la pâte est coulée dans un gaufrier, cuite quarante-cinq secondes, puis roulée à chaud sous tes yeux. Le résultat est croustillant, tiède, et ça change tout. Seul bémol : Glaster n'ouvre que du vendredi au dimanche, production confidentielle oblige. Alors organise ta semaine autour, c'est mon conseil.
Isotope, la glace anglaise qui turbine dans le 3e
Isotope, rue Dupetit-Thouars, c'est la petite nouvelle du haut Marais. Derrière le comptoir, Frances Leech, une cheffe pâtissière anglaise passée par la boulangerie avant de tomber amoureuse de la glace. Le lieu est minuscule, trois parfums par jour, créés selon l'humeur et les arrivages. Sa menthe-chocolat est un clin d'oeil à ses origines, et franchement, c'est la meilleure que j'ai goûtée à Paris : la menthe est fraîche, végétale, et le chocolat vient des torréfactions Nicolas Berger, à quelques kilomètres de la capitale.
Et puis il y a le cookie glacé du vendredi. Une dinguerie. Une boule de glace vanille écrasée entre deux cookies moelleux encore tièdes. C'est décadent, ça dégouline, et tu ressors avec du chocolat sur les doigts. Le genre de plaisir qui vaut largement le détour depuis le 11e.
La Combine, le soft serve du canal
Dernier arrêt rue de Lancry, dans le 10e, à deux pas du canal Saint-Martin. La Combine, c'est le repaire du soft serve artisanal à Paris. Quatre parfums seulement, changés chaque semaine, et ils sont pensés pour fonctionner en duo, comme un accord mets-vins. La dernière fois, c'était pêche blanche et verveine citronnée : l'un doux et rond, l'autre vif et herbacé. Les deux ensemble, dans le même cornet, c'était parfait.
Les fruits et les épices viennent de producteurs choisis un par un, les pistaches et les noisettes de Sicile. Le résultat est une glace peu sucrée, ultra crémeuse, servie à la sortie de la turbine avec une texture qu'aucun bac de congélation ne peut reproduire. Bref, si tu te balades au bord de l'eau par 35 degrés, tu sais où aller.
Mon tour des glaciers en une après-midi
- 13h30 : Folderol (11e), la stracciatella pour commencer.
- 14h30 : Isotope (3e), la menthe-chocolat en remontant la rue de Bretagne.
- 15h30 : La Combine (10e), le duo de la semaine au bord du canal.
- 17h : Glaster (19e), le cornet minute pour finir en beauté.
Quatre arrêts, quatre quartiers, et à chaque fois une raison de redécouvrir l'est de Paris. Alors oui, c'est un itinéraire qui prend l'après-midi. Mais franchement, tu as mieux à faire un samedi d'août ?
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Coco
