On me demande souvent où je vais quand j'ai envie de me sentir ailleurs sans prendre le train. Les Batignolles. C'est mon village, le vrai, celui où je traverse la ville exprès le samedi matin. Un bout de province posé dans le 17e, avec un square, un marché, une impasse de maisons fleuries et des cafés où tout le monde se dit bonjour. Voilà comment je m'y promène, dans l'ordre.
On commence par le square des Batignolles
Mon point de départ, c'est le square des Batignolles, rue Cardinet. Un jardin à l'anglaise ouvert en 1862, légèrement vallonné, avec un lac, une grotte et des canards qui font les fiers. Le matin, il y a les retraités du quartier, les joggeurs et les gens qui lisent sur un banc. C'est calme, c'est vert, et on oublie le bruit de la ville en deux minutes.
Au fond du square, il y a le terrain de pétanque du club La Batignollaise. Je m'arrête toujours cinq minutes pour regarder les parties, les gestes précis, les tirs qui font claquer les boules. Barbara est née tout près, et une allée porte son nom. Ça donne au square un petit air de chanson.
Les Batignolles, c'est le seul endroit de Paris où je me sens à la campagne sans avoir acheté un billet de train.
La rue de Lévis, mon marché permanent
Ensuite, je remonte vers la rue de Lévis. C'est ma rue préférée du quartier, une artère partiellement piétonne où presque tout est commerce de bouche. Fromagers, boulangers, primeurs, bouchers : on fait ses courses au pas de porte, comme dans une vraie rue de village. Je la descends lentement, je goûte un bout de comté chez le fromager, je repars avec une baguette encore chaude.
Bref, c'est là que je remplis mon panier pour la semaine sans jamais mettre les pieds dans un supermarché. Le samedi matin, ça sent le pain, les fleurs et le café. Alors je traîne, je papote avec les commerçants, et je repars toujours avec plus que prévu.
Le marché bio, mon rituel du samedi
Le samedi matin, direction le marché biologique des Batignolles, boulevard des Batignolles. Tout y est bio et vient directement des producteurs. C'est le rendez-vous des habitants, on y croise les mêmes têtes chaque semaine, panier en osier et cabas en tissu. Les légumes sont beaux, les prix sont justes, et l'ambiance est bon enfant.
La Cité des Fleurs, le secret que je garde
Mon secret préféré du quartier, c'est la Cité des Fleurs. Une impasse privée créée en 1847, entre la rue Guy-Môquet et la rue de la Jonquière, bordée de petites maisons individuelles avec des jardins devant. Le peintre Alfred Sisley y a vécu, au numéro 27. On y marche doucement, on lève les yeux vers les glycines et les volets colorés, et on se croirait dans un village de province.
La grille est ouverte au public en journée, du lundi au samedi. Alors j'y passe à chaque visite, je fais l'aller-retour en cinq minutes, et je repars avec ce petit pincement d'envie d'y avoir un jardin.
Et pour finir, on mange
Quand la faim arrive, je vais chez Gladines, boulevard des Batignolles. La version locale du bistrot basque de la Butte aux Cailles, avec les mêmes assiettes énormes et les mêmes prix doux. On sort de là en roulant un peu, c'est le but. Et si c'est l'heure de l'apéro plutôt que du dîner, je file aux Caves Populaires, rue des Dames, un bar de quartier à la façade en mosaïque rouge où le verre ne coûte presque rien.
En résumé, mon parcours
- 9h : square des Batignolles, tour du lac et pause pétanque.
- 10h : rue de Lévis, courses et baguette chaude.
- 11h : marché bio du boulevard des Batignolles.
- Midi : Cité des Fleurs, l'aller-retour secret.
- 13h : déjeuner chez Gladines ou apéro aux Caves Populaires.
Voilà mon samedi aux Batignolles. Rien de spectaculaire, juste un vrai quartier où les gens se connaissent et où on prend le temps. Et si tu veux continuer, le cimetière de Montmartre n'est qu'à quelques minutes à pied.
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Coco
